Le gouvernement se mobilise pour les aidants

Accueil » Blog » Aidants proches » Le gouvernement se mobilise pour les aidants
Le gouvernement se mobilise pour les aidants

Le 23 octobre, le premier ministre Edouard Philippe a annoncé le lancement d’un plan sur 3 ans pour soutenir les aidants. Il a été élaboré en tenant compte d’échanges avec les aidants eux-mêmes et les associations.

Son objectif : Répondre aux besoins quotidiens des aidants.

Pour la première fois, les proches aidants font l’objet d’une véritable politique publique ce qui est une preuve tangible de la reconnaissance de leur rôle.

Le plan comprend 6 grandes priorités et 17 mesures. Le rapport complet du plan est consultable ICI.

Vous voulez savoir ce qu’il faut en retenir, ce que ça va changer concrètement pour vous aidants ?

Retour sur le plan :

« Agir pour les aidants. Stratégie de mobilisation et de soutien » !

I. Une photographie des proches aidants

Le rapport du plan contient un certain nombre d’éléments chiffrés sur les aidants. Nous en avons fait une infographie : une sorte de portrait des aidants.

Peut-être vous y reconnaîtrez-vous !

Infographie sur les aidants
Qui sont les aidants ?

II. Les 6 priorités de la stratégie de mobilisation et de soutien

Le plan comprend 6 priorités, 17 mesures principales et 8 mesures complémentaires.

Un premier bilan sera rendu public à l’occasion de la prochaine journée nationale des aidants, le 6 octobre 2020.

Les 6 priorités sont les suivantes.

Les 6 priorités de la stratégie de mobilisation et de soutien pour les aidants.
Les 6 priorités du plan pour les aidants

Outre ces priorités, le plan définit aussi des leviers pour mobiliser l’ensemble de la société autour du sujet des proches aidants. Nous revenons sur ce point à la fin de l’article.

III. 4 points clés pour les aidants qui accompagnent un proche âgé

Pourquoi parler particulièrement de ces aidants?

Quelques rappels chiffrés :

En 2019, près de 17 millions de Français ont plus de 60 ans. Seuls 8% de ces personnes sont dépendantes. Ce taux augmente avec l’âge et 20% des plus de 85 ans (soit 1 sur 5) sont dépendants. L’âge moyen de la perte d’autonomie est de 83 ans.

(Chiffres issus du Ministère de la santé)

Aujourd’hui en France près de 900 000 personnes présentent une maladie d’Alzheimer et plus de 500 000 personnes sont des personnes handicapées âgées de plus de 60 ans.

Environ 5 millions d’aidants accompagnent un proche âgé de plus de 60 ans.

Aujourd’hui Haltemis s’adresse prioritairement à vous, aidants qui accompagnez un proche âgé car la gérontologie est notre coeur d’expertise et qu’il reste beaucoup à faire pour faciliter votre rôle.

Nous espérons à terme nous adresser à tous les aidants en nous adjoignant de nouvelles expertises.

1. Assurer un meilleur accompagnement

Lorsque l’on devient aidant, il n’est pas toujours évident de s’identifier en tant que tel. Accompagner son mari, son enfant, un ami, un voisin paraît naturel. Comme le rappelle le rapport du gouvernement :

54% des aidants n’ont pas conscience de leur rôle.

Baromètre 2019, Fondation April et BVA

Si vous lisez cet article, vous avez sans doute déjà pris conscience que vous étiez aidant. Pour autant, vous vous en êtes sans doute aperçu, il n’est pas toujours évident d’avoir aisément accès aux informations qui facilitent votre rôle !

Le gouvernement prévoit donc de mettre en place un numéro téléphonique national de soutien des aidants. Il s’agit de vous offrir un premier niveau d’information et vous orienter vers des interlocuteurs de proximité.

Il prévoit également de mettre en place un réseau de lieux d’accueil. Ces lieux seront à même de vous recevoir pour vous informer sur les aides et l’accompagnement possibles en fonction de vos besoins. Les offres d’accompagnement, notamment les offres de soutien, de sensibilisation et de formation – telles qu’en propose Haltemis – seront déployées. L’objectif affiché dans le plan est que 450 000 aidants au moins soient accompagnés d’ici 2022.

Enfin le plan prévoit d’engager une réflexion sur les possibilités d’accompagnement de votre proche au cas où vous aidant ne seriez plus en mesure de prendre soin de lui. Cela nous paraît essentiel, car le manque d’anticipation conduit souvent à des situations dramatiques. C’est pourquoi nous avions proposé un article sur le sujet il y a quelques mois ICI.

2. Améliorer la conciliation vie personnelle et vie professionnelle

Pour nombre d’aidants, assumer ce rôle tout en continuant à travailler fait peser sur leurs épaules de nombreuses contraintes d’organisation.

Pourtant 61 % des aidants travaillent.

Cet été nous vous avions parlé de ce difficile équilibre dans cet article ICI. Nous avions évoqué l’indemnisation prochaine du congé de proche aidant. Dans le rapport du plan « Agir pour les aidants », l’indemnisation de ce congé est détaillée et programmée pour octobre 2020. Il faut noter que ce congé sera désormais accessible à tous : salariés, travailleurs indépendants, fonctionnaires, chômeurs indemnisés. Par ailleurs il ne sera plus soumis à un minimum d’ancienneté d’au moins 1 an dans l’entreprise.

Cette période de congé de proche aidant porte sur 3 mois ouvrés sur l’ensemble de la carrière. Elle ne sera plus comptabilisée dans le calcul des droits au chômage pour éviter une baisse des allocations. Cette dernière mesure est d’ailleurs déjà effective pour les personnes qui demandent dès à présent à bénéficier d’un congé de proche aidant (non rémunéré pour l’instant). Il sera également pris en compte automatiquement au titre des droits à la retraite dès octobre 2020.

Pour faciliter votre parcours professionnel, un nouveau système de reconnaissance de l’expérience acquise en tant que proche aidant devrait voir le jour en 2021.

Nous sommes convaincus que les aidants développent des stratégies d’usage et organisationnelles qui sont de vraies compétences.

Cette expérience deviendra peut-être un jour une nouvelle ligne sur votre curriculum vitae !

Enfin, le plan prévoit aussi d’impliquer les entreprises dans l’accompagnement des salariés aidants. Il demande en effet que ce soutien soit inscrit parmi les thèmes de la négociation obligatoire dans les entreprises en 2020, au titre de la responsabilité sociale et environnementale (RSE).

3. Proposer plus de solutions de répit

Un plan national de renforcement et de diversification des solutions de répit est annoncé dans le rapport. Il bénéficiera d’un financement dédié sur la période 2020-2022.

Les ambitions de ce plan « répit » sont :

  • L’augmentation des capacités d’accueil des plateformes de répit
  • Le développement des solutions d’accueil temporaire (ex: accueil de jour, hébergement temporaire)
  • Le déploiement de solutions de répit innovantes en partenariat public-privé (comme la Maison de répit à Tassin-la-Demi-Lune dont nous vous avions parlé dans une de nos newsletter)
  • Une généralisation du relayage d’ici 2022 si l’expérimentation menée actuellement dans 54 départements est un succès. Si vous ne savez pas ce qu’est le relayage, nous vous invitons à lire l’article que nous avons consacré à ce sujet ICI.

4. Prendre soin de la santé des aidants

Voilà une priorité qui nous tient particulièrement à coeur !

Vous allez peut-être vous dire : « Encore un article? »

Eh oui! Nous avions également consacré un article à ce sujet il y a quelques temps (ICI) pour vous rappeler que pour prendre soin d’un proche il ne fallait pas oublier de prendre soin de soi !

En matière de santé, le plan prévoit de lancer une enquête de Santé publique France* . Cette enquête aura pour but d’étudier les risques qui pèsent sur votre santé.

*(l’agence nationale de santé publique qui oeuvre pour améliorer et protéger la santé des populations)

L’accent est mis aussi sur la sensibilisation des professionnels de santé et des professionnels de l’accompagnement (à domicile ou en établissement) à cette thématique des « proches aidants ». Il faut en effet que les professionnels acquièrent un réflexe de repérage des difficultés de santé (physique et psychologique) des proches aidants.

Enfin dès 2020, en application de la loi du 22 mai 2019, le rôle de proche aidant pourra être notifié dans votre dossier médical partagé. Ainsi, en cas d’accident, les professionnels de santé seront au courant du fait que vous êtes aidant(e) d’une personne dépendante. Ils pourront s’assurer immédiatement que votre proche n’est pas laissé seul à domicile.

IV. Pourquoi mobiliser l’ensemble de la société autour du sujet des proches aidants ?

La dernière partie du rapport aborde la mobilisation de l’ensemble de la société (citoyens, collectivités locales, entreprises) autour du sujet des proches aidants.

« …la stratégie nationale utilise tous les leviers disponibles pour mobiliser l’ensemble de la société et poser les fondations d’une société solidaire et bienveillante avec les proches aidants. »

Agir pour les aidants – Stratégie de mobilisation et de soutien

Ceci nous paraît essentiel pour au moins 2 raisons :

1. La révolution démographique est en marche

Dans les 50 prochaines années, le nombre des plus de 60 ans va être multiplié par 2 et celui des plus de 80 ans par 4.

Nous l’avons dit plus haut, vieillesse ne rime pas toujours avec dépendance mais mathématiquement le nombre de personnes âgées dépendantes va augmenter dans les prochaines années. Nos enfants ou nous-mêmes serons probablement tous un jour aidants pour une période plus ou moins longue. D’ailleurs si aujourd’hui 1 salarié sur 5 est un aidant, l’OCIRP prévoit qu’en 2030 c’est 1 actif sur 4 qui serait aidant.

2. Nous connaissons tous un proche aidant

Chaque fois que nous parlons d’Haltemis autour de nous, le sujet fait écho à nos interlocuteurs. Nous connaissons tous quelqu’un qui accompagne ou a accompagné un proche âgé, un conjoint malade, un enfant en situation de handicap… D’ailleurs il ne s’agit pas toujours de maladies « longues et graves » ou de handicaps lourds. Pensez par exemple aux parents d’enfants asthmatiques ou avec un trouble DYS. Cela nécessite pourtant un engagement quotidien.

Chacun de nous peut être un passeur d’information et pour les aidants, cela peut déjà faire la différence. Si vous aussi vous êtes passé par là, si vous avez connaissance de certaines informations qui pourraient être utiles à un aidant, si vous pouvez le soulager quelques heures de son rôle, alors, oui, il est important que vous vous sentiez mobilisé par le sujet !

N’hésitez pas à commenter, partager cet article. Et si vous ne l’avez pas encore fait, abonnez-vous à notre newsletter. Elle est mensuelle et gratuite (celle de novembre sort cette semaine). A l’inscription vous recevrez notre premier livre blanc.

A la semaine prochaine et d’ici là prenez soin de vous !

Partager sur les réseaux sociaux

Laissez un commentaire





Derniers articles

Dossier médical

Comment bien organiser son dossier médical ?

Dans notre dernier article (ICI), nous avons évoqué les bonnes résolutions de début d’année pour être un aidant en bonne santé. On continue sur…

Bonne santé

8 résolutions pour être un aidant en bonne santé.

Pour cette nouvelle année, on pourrait vous souhaiter une bonne santé, mais ça ressemble un peu à de la pensée magique, non ? Janvier,…

Culpabilité

Dépasser la culpabilité de l’aidant

Entre le sentiment de mal faire ou de ne pas en faire assez, il n’est pas rare pour les aidants de ressentir de la…

Douleur

Douleur : y penser pour la repérer et agir

La douleur est une expérience personnelle et subjective. Ainsi, chacun la ressent différemment en fonction de sa sensibilité, de son vécu. Certains en parlent…

Mains zen - Bien-être

Prenez soin de votre bien-être !

Tous les ans en juin a lieu journée mondiale du bien-être (Global Wellness Day). Cette année, elle tombe le 12 juin. Alors aujourd’hui, on…

Activité physique corde, poids, tapis

Difficile de faire de l’activité physique régulièrement ?

Bonjour à tous ! Nous vous espérons en forme ! Et si le reconfinement était justement l’occasion de vous occuper de votre forme ?…

Vous souhaitez en savoir plus, suivre notre actualité, trouver des conseils?

Abonnez-vous à notre newsletter

et recevez gratuitement un livre blanc informatif.