Répit à domicile : le relayage.

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Vous avez besoin de vous absenter plusieurs jours? Personne dans votre entourage ne peut prendre votre place auprès de votre proche?

Plusieurs solutions de répit s’offrent à vous !

Dans un précédent article (ICI) nous vous avions présenté l’accueil de jour et l’hébergement temporaire. Toutefois, si vous craignez que le changement d’environnement, de repères, ne perturbe votre proche, alors la solution pour vous est peut-être le relayage.

I. Qu’est-ce que le relayage ?

1. Un dispositif inspiré d’un concept québécois

Le relayage est le nom retenu en France pour transposer un dispositif existant au Canada depuis 1999 : le baluchonnage. Marie Gendron, une infirmière québécoise et docteur en gérontologie, a initié ce concept. Voici la définition qu’elle en donne :

Un organisme ayant essentiellement pour objectif de permettre aux aidants familiaux de s’octroyer un répit à l’extérieur de leur foyer durant une à deux semaines, et cela en toute tranquillité d’esprit et sans devoir obliger leur proche à quitter leur domicile. L’intervenante de Baluchon Alzheimer®, appelée la baluchonneuse, demeure 24 heures sur 24 à la résidence de la personne atteinte, pendant toute la durée du service offert […]. Durant son séjour à domicile, la baluchonneuse essaie d’entrer véritablement en contact avec la personne atteinte en tissant une relation de confiance. Elle remplace l’aidant familial dans toutes les tâches quotidiennes : soins, préparation des médicaments, repas et autres activités courantes. Plus spécifiquement, à la lumière de son expérience et de ce qu’elle a observé, la baluchonneuse met à l’épreuve diverses interventions tenant compte des problèmes dont lui a fait part l’aidant au cours de la première journée de baluchonnage. Au terme du baluchonnage, elle rédige un journal destiné à l’aidant, document dans lequel elle note ses observations et ses suggestions. On peut constater sans peine que le service de répit et d’accompagnement n’a rien à voir avec le simple « gardiennage ». 

Marie Gendron

La Belgique a également adopté dispositif.

2. L’expérimentation française

La France s’intéresse en fait à ce dispositif de répit depuis plusieurs années. Plusieurs organismes ont d’ailleurs mené des expérimentations.

Cependant, la législation française du droit du travail ne permettait pas jusqu’en 2019 de proposer un relais avec une seule intervenante* . En effet, le respect des heures légales de travail imposait de faire intervenir 2 à 3 personnes pour couvrir l’amplitude horaire de la journée. C’était autant de têtes nouvelles pour le proche aidé ! Cela posait des difficultés pour créer une relation de confiance et un lien rassurant avec lui.

*(nous employons le féminin car beaucoup de baluchonneuses ou relayeuses en France sont des femmes)

En mars 2017 J.Huillier*, a remis à la secrétaire d’Etat chargée de personnes âgées et de l’autonomie un rapport intitulé :

« Du baluchonnage québécois au relayage en France : une solution innovante de répit ».

Elle y fait un certain nombre de recommandations pour pouvoir développer ce type d’offre de répit en France. La traduction d’une de ces recommandations est l’article 53 de la loi n° 2018-727 du 10 août 2018. Il permet l’expérimentation de dérogations au droit du travail dans le cadre de la mise en œuvre de prestations de suppléance à domicile du proche aidant (relayage).

C’est la raison pour laquelle en janvier 2019, un appel à candidature national a été lancé pour sélectionner des structures désireuses de mettre en place un projet de relayage.

*alors députée de la 10ème circonscription de l’Isère

II. Le relayage en pratique

1. A qui s’adresse le relayage ?

Le relayage ne s’adresse pas uniquement aux aidants de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. En effet, l’expérimentation menée en France vise à développer et à diversifier l’offre de répit des proches aidants de personnes en situation de perte d’autonomie ou de handicap.

L’objectif : proposer une meilleure prise en charge des proches aidés. En particulier lorsque ces personnes souffrent d’atteintes des fonctions mentales, cognitives ou psychiques. Dans ces situations, la préservation des repères est essentielle et les solutions de prise en charge classiques (accueil de jour, hébergement temporaire, etc.) ne sont pas toujours adaptées.

2. Comment cela fonctionne ?

L’expérimentation débutée cette année permet l’intervention d’une seule et même professionnelle auprès d’une personne en situation de perte d’autonomie ou de handicap. Elle intervient ainsi sur une période continue allant de 36h à 6 jours consécutifs, par dérogation au droit du travail. 

Le relayage n’est pas un dispositif de répit mobilisable dans l’urgence car il requière plusieurs étapes préalables.

Tout d’abord, avant la mise en place effective du relais, il y a déjà une première étape de pré-analyse de la prestation. Souvent effectuée par téléphone, elle permet de valider que :

  • le dispositif est a priori adapté à la situation, 
  • le domicile répond aux obligations d’un couchage adapté pour l’intervenante, 
  • le service répondra à vos attentes,
  • le montant de la prestation est acceptable en tenant compte des aides financières mobilisables.

Suite à ce premier entretien, une deuxième étape de pré-intervention consiste en une visite à domicile. Lors de cette visite, la personne envoyée par la structure de relayage fait le point sur la situation de votre proche. Elle s’informe également des tâches que vous assurez habituellement au quotidien. Cela permet ainsi de déterminer le profil adapté de la relayeuse qui assurera la mission.

Au cours de cette visite, l’organisme s’assure aussi que les conditions d’accueil de la relayeuse garantissent des conditions de travail acceptables (couchage correct, absence d’animaux domestiques dangereux ou en nombre trop important, réalité de la situation physique ou psychologique de la personne aidée compatible avec la mission).

A noter :

1. Le relayage ne remplace pas les services déjà mis en place au domicile. 

Si par exemple un portage de repas est organisé en temps normal, il sera maintenu le temps du relayage. A l’inverse, si vous préparez habituellement les repas, la relayeuse se chargera elle aussi de les préparer. La relayeuse effectue en fait les tâches que vous réalisez habituellement dans la vie quotidienne.

2. La relayeuse n’effectue aucun geste médical ou infirmier.

Si en temps ordinaire vous effectuez vous-même certains de ces actes (ex : changement de sonde gastrique, réfection de pansement…), ce type d’intervention devra alors être assuré par une infirmière à domicile durant le temps de la prestation de relayage. 

A l’issue de cette étape de pré-intervention, l’organisme qui organise le relayage propose un contrat d’intervention ou un ordre de mission. Ceci cadre et sécurise l’intervention.

Teamwork

Une fois que vous sentez prêt à avoir recours au relayage, l’intervention est programmée afin que vous puissiez vous absenter plusieurs jours. Durant votre absence, la relayeuse tient un journal d’accompagnement de la mission qui relate les événements survenus, le déroulé de la journée. 

En post-intervention :

  • la relayeuse fait un retour d’information à la structure organisatrice
  • un temps d’échange est organisé avec vous pour vous faire une restitution du déroulé de la prestation. Cet échange permet également de vous faire des propositions. Ces propositions servent notamment à élaborer des stratégies d’adaptation sur les situations du quotidien difficiles.

3. Comment trouver un organisme autorisé ?

Des structures ont été retenues pour expérimenter le relayage  sur une période de 3 ans (jusqu’au 30 décembre 2021). La liste de ces structures est accessible ICI. Vous pouvez aussi consulter l’article consacré au sujet en 2022 par AgeVillage ICI.

A noter :

Il existe aussi des relayeurs indépendants intervenant dans le cadre de l’utilisation du CESU ou de l’autoentrepreneuriat. Ce mode d’intervention n’est pas légalement contraint en termes d’amplitude de durée de travail. Ils peuvent ainsi assurer seuls le relayage quelle qu’en soit la durée. Néanmoins, comme le signale le rapport de Joëlle Lhuillier, si ce mode d’intervention est pratique pour les familles, il n’offre pas toutes les garanties nécessaires à une intervention sécurisée. 

En effet contrairement à un relayage organisé par une structure, il n’y a pas de possibilité de remplacement en cas de difficulté ou en cas d’accident. Vous devez en tenir compte dans votre choix : en cas d’absence du relayeur, avez-vous une solution de secours ? De plus, lorsque c’est une structure qui organise le relayage, elle assure aussi une fonction support. Elle procure à la fois du conseil et de l’écoute auprès du relayeur et peut organiser son remplacement en cas de problème.

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On vous souhaite une agréable semaine et n’oubliez pas :

prenez soin de vous !

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