Pourquoi et comment éviter la dénutrition de votre proche âgé? Episode #1

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Eviter la dénutrition

La journée mondiale de l’alimentation est célébrée chaque année le 16 octobre depuis 1945. C’est l’occasion toute trouvée pour vous parler des besoins alimentaires de votre proche et du risque de dénutrition !

En effet la dénutrition est souvent sous-diagnostiquée dans la population âgée. Pourtant elle peut avoir des conséquences importantes sur la santé de votre proche et la dépister présente un réel intérêt puisqu’elle est réversible si on la prend en charge.

Dans ce premier article, nous allons parler de la dénutrition et de ses conséquences ainsi que des points de vigilance pour vous. Dans le prochain, nous parlerons des mesures à prendre pour prévenir la dénutrition.

I Quand parle-t-on de dénutrition et à quoi est-elle due ?

Monique Ferry, gériatre et chercheuse en nutrition définit ainsi la dénutrition :

« C’est une pathologie qui résulte d’un déséquilibre entre les apports et les besoins protéino-énergétiques de l’organisme ».

Monique Ferry

Pour le dire plus simplement, elle survient si les besoins de l’organisme sont supérieurs aux apports alimentaires.

L’organisme puise alors les nutriments nécessaires dans ses réserves qui diminuent d’autant, voire s’épuisent.

Le vieillissement entraine des modifications physiologiques dans l’organisme (nous en avions déjà un peu parlé dans notre dernier article ICI).

Le vieillissement provoque des modifications dans la prise alimentaire :

  • Le goût, l’odorat, la sensation de soif et l’appétit diminuent avec l’âge ce qui induit souvent un plaisir moindre en mangeant.
  • La digestion est ralentie et les personnes âgées ont souvent une sensation de satiété précoce et prolongée.
  • Les altérations de la denture (perte de dents, dents abimées) impactent la mastication. La diminution de la sécrétion salivaire gêne aussi la déglutition.

Le vieillissement entraine aussi des modifications métaboliques :

  • Trouble du contrôle du métabolisme du glucose (c’est à dire du sucre)
  • Modification du métabolisme protéique qui favorise la perte musculaire (aussi appelée sarcopénie : nous vous en avions déjà parlé dans l’article sur les chutes ICI). Cette perte musculaire est accentuée chez les personnes sédentaires.
  • Diminution de la synthèse de la vitamine D et de l’absorption du calcium qui entrainent une fragilité osseuse.
  • Déséquilibre du métabolisme de l’eau qui augmente le risque de déshydratation.

Ces modifications exposent en elles-mêmes les sujets âgés à un risque de dénutrition.

A retenir !

Pour autant, on ne peut pas considérer le vieillissement à lui seul comme une cause de dénutrition !

Celle-ci ne s’installe que lorsque le vieillissement s’accompagne :

  • De conditions environnementales défavorables (ex: isolement social, revenus financiers insuffisants).
  • De pathologies infectieuses, inflammatoires ou dégénératives multiples, intriquées ou en cascade. Les besoins nutritionnels sont alors accrus.
  • De diminution des capacités (ex: difficultés à la marche responsables d’une diminution des possibilités d’approvisionnement ou de préparation des repas).
  • De difficultés psychologiques (ex: dépression).

Le diagnostic de dénutrition doit être posé par un professionnel de santé.

La Haute Autorité de Santé a défini 4 critères diagnostiques de dénutrition chez le sujet âgé que nous ne détaillerons pas ici puisqu’ils sont destinés aux professionnels. La présence d’au moins un des 4 critères suffit à poser le diagnostic.

Néanmoins, nous allons voir dans la suite de l’article que certains facteurs doivent vous alerter quant au risque de dénutrition et vous inciter à prévenir le médecin traitant de votre proche.

II. Quelles sont les conséquences de la dénutrition ?

Si nous voulons attirer aujourd’hui votre attention sur la dénutrition, c’est que ses conséquences sont multiples :

  • Le risque de décès est multiplié par 2 à 4 en cas de dénutrition.
  • La dénutrition entraine une altération de l’état général qui se traduit par un amaigrissement, une baisse de l’appétit, une fatigue et une perte de l’élan vital.

On vous l’a dit plus haut, si les besoins sont plus importants que les apports, l’organisme puise dans ses réserves en protéines (les muscles) et en graisse.

Sans prise en charge précoce, la personne dénutrie risque d’entrer dans ce que Monique Ferry appelle « La spirale de la dénutrition » :

  • Le système immunitaire devient déficient et votre proche est alors plus sensible aux infections (infections urinaires ou respiratoires par exemple).
  • La dénutrition peut majorer la dégradation des fonctions cognitives et aggraver un syndrome dépressif.
  • La cicatrisation est moins bonne et le risque d’escarre accru.
  • La diminution de la masse musculaire et de l’activité physique majore le risque de chute et de fracture du col du fémur.

A savoir : La dénutrition augmente le nombre d’hospitalisations mais aussi la durée d’hospitalisation (multipliée par 2 à 4).

(Source Mobiqual)

III. Quels sont les points à surveiller chez votre proche pour repérer une dénutrition ?

Il est important que vous sachiez repérer un risque de dénutrition pour qu’elle puisse être détectée tôt et soignée.

Voici 3 points utiles à surveiller :

1. La courbe de poids

Si vous le pouvez, pesez votre proche 1 fois par mois et noter ce poids dans un carnet, un agenda ou sur un calendrier. Une perte de poids de 5% ou plus par mois ou de 10% ou plus en 6 mois traduit une dénutrition.

2. L’appétit et les apports alimentaires

Une perte d’appétit entraine presque toujours une dénutrition. Si vous ne mangez pas avec votre proche, interrogez-le sur ses repas. Vérifiez de temps en temps ce qu’il y a dans le frigo : s’il est vide ou si le contenu n’a pas changé depuis votre dernière visite, cela doit vous mettre la puce à l’oreille.

Remarque : l’animal de compagnie peut être un marqueur indirect. S’il prend du poids, peut-être que c’est lui qui mange une partie des repas !

3. L’état buccodentaire

Des dents qui font mal, un dentier mal adapté qui blesse, des dents en moins sont autant de facteurs qui peuvent entrainer une diminution des apports alimentaires. Gardez toujours ceci en tête ! Il faut savoir y penser, surtout si votre proche n’est plus en capacité de s’exprimer.

Vous voilà informés sur la dénutrition, ses conséquence et les points de vigilance à surveiller pour la détecter. Dans le prochain article, nous vous parlerons des mesures à prendre pour prévenir la dénutrition. Si vous avez des questions, des commentaires : c’est juste en dessous ! N’hésitez pas à partager autour de vous.

A la semaine prochaine et d’ici là, prenez soin de vous!

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