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Parlez-vous handigéronto #2 ? L’ESA

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L’inconvénient avec les professionnels – tous bons professionnels qu’ils soient – c’est qu’ils jargonnent ! Ils utilisent un vocabulaire et des acronymes bien spécifiques et souvent abstraits pour les non-initiés. 

Dans le secteur de la gérontologie et du handicap, c’est vrai aussi ! Et nous pensons que cette méconnaissance des acronymes par les aidants constitue un frein lorsqu’il s’agit pour eux de trouver des structures qui leur sont utiles. C’est la raison pour laquelle nous essayons de vous traduire l’handigéronto afin que vous puissiez plus facilement trouver de l’aide. 

Dans un premier article ICI, nous vous avions ainsi dévoilé ce qui se cachait derrière ces 3 acronymes : CCCAS, CLIC, MDPH. Aujourd’hui, nous vous en présentons un quatrième : ESA.

I. Qu’est-ce qu’une Equipe spécialisée Alzheimer (ESA) ?

Pour la petite histoire, les équipes spécialisées Alzheimer sont apparues en France en 2009, dans le cadre du plan Alzheimer 2008-2012. En effet, la mesure 6 de ce plan préconisait un renforcement du soutien à domicile en favorisant l’intervention de personnels spécialisés. Les ESA sont intégrées à des services de soins infirmiers à domicile. Vous l’aurez donc compris, elles interviennent à domicile, c’est pourquoi vous verrez parfois l’acronyme ESAD (Équipe spécialisée Alzheimer à domicile).

1. A qui s’adresse t-elle ?

Tout d’abord, il faut comprendre que l’appellation d’équipe spécialisée Alzheimer est réductrice par rapport aux maladies apparentées. C’est la raison pour laquelle il peut être pertinent d’envisager l’ESA comme une équipe spécialisée dans les pathologies de la mémoire.  

Comme nous vous l’avons expliqué dans cet article, l’absence de traitement curatif pour la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées ne signifie pas absence de prise en charge et de soins. L’ESA s’inscrit donc dans les interventions non médicamenteuses pour ces pathologies.

L’ESA s’adresse prioritairement aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée qui ont été diagnostiquées et qui sont encore à un stade léger ou modéré de la maladie. L’ESA ne s’adresse pas aux patients qui sont au stade sévère de la maladie. En effet, pour pouvoir tirer un bénéfice des interventions. les capacités d’attention et de compréhension doivent être suffisantes.

2. Quels professionnels trouve-t-on dans cette équipe ?

Intervenant au sein d’un Service de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD, encore un nouvel acronyme pour votre dictionnaire « handigéronto »), une ESA est composée :

  • D’une infirmière coordinatrice
  • Mais aussi d’une ergothérapeute et/ou d’une psychomotricienne
  • Et enfin d’une ou plusieurs assistante(s) de soins en gérontologie*

Remarque : pour des raisons de lisibilité nous mettons tous ces mots au féminin car beaucoup de ces professionnels du médico-social sont des femmes mais bien sûr, des hommes exercent aussi ces professions.

A noter : voici de nouveaux acronymes pour votre dictionnaire ! Une assistante de soins en gérontologie ou ASG est une aide-soignante ou une accompagnante éducative et sociale (AES**) qui a suivi une formation complémentaire en gérontologie.

**AES, anciennement AMP (Aide médico-psychologique). Vous suivez toujours ?

3. Quels sont les objectifs de l’ESA ?

L’objectif principal de l’ESA est de favoriser le plus longtemps possible le maintien à domicile des personnes atteintes de la maladie.

Pour atteindre cet objectif, l’ESA s’adresse à la fois à la personne malade mais aussi aux proches qui l’accompagnent au quotidien.

Les interventions visent à :

  • Maintenir ou développer les capacités résiduelles de la personne malade pour préserver son autonomie
  • Diminuer ou éviter les éventuels troubles du comportement
  • Accompagner et soutenir les aidants.

4. Que propose l’ESA ?

L’infirmière coordinatrice s’occupe de l’évaluation initiale de la situation et de la coordination des interventions de l’équipe. 

L’ergothérapeute (ou la psychomotricienne) est en charge de l’évaluation des capacités de votre proche. Ces professionnelles étudient aussi les troubles liés à la maladie et leurs répercussions sur la vie quotidienne. Le bilan tient compte des facteurs personnels, de l’environnement humain et de l’environnement matériel.  C’est-à-dire que le bilan porte à la fois sur les spécificités de la personne malade, de son entourage (aidants familiaux et professionnels) et de son cadre de vie. Ceci permet de proposer des interventions adaptées à chaque situation.

Suite à l’évaluation initiale, l’ergothérapeute (ou la psychomotricienne) propose un plan d’intervention contenant un ou deux objectifs. Par exemple :

  • Réadaptation cognitive dans les activités de la vie quotidienne
  • Prévention et traitement des risques de chute
  • Développement des performances de l’entourage dans la prise en charge et l’accompagnement du patient…

L’assistante de soins en gérontologie réalise une partie des soins de réadaptation et d’accompagnement. Elle propose des activités sur la base du plan d’intervention établi par l’ergothérapeute et/ou la psychomotricienne et sous la supervision de celle-ci. Le programme comprend des activités pour le malade mais aussi des actions psycho-éducatives pour l’aidant (conseils, stratégies d’adaptation…).

Enfin, à l’issue des séances, l’ergothérapeute (ou la psychomotricienne) établit un bilan des activités réalisées et transmet ce bilan au médecin traitant.

II. Comment faire intervenir une ESA ?

1. Quelles sont les conditions d’intervention d’une ESA ?

L’ESA n’intervient que sur prescription médicale. Le médecin généraliste, un gériatre ou un neurologue ou encore le médecin de la consultation mémoire peuvent rédiger cette prescription.

Le médecin prescrit des soins d’accompagnement et de réhabilitation à domicile. La sécurité sociale prend en charge ces séances; aucune participation financière ne vous est donc demandée à vous ou à votre proche.

Le nombre de séances et la durée d’intervention de l’ESA sont limités. Ainsi, il est possible de bénéficier de 12 à 15 séances au maximum réparties sur 3 mois. Il ne peut y avoir qu’une seule prescription par an, par contre celle-ci peut être refaite l’année suivante.

A noter : le patient doit bien sûr être d’accord avec le projet et les interventions de l’équipe. C’est pourquoi l’ESA rédige un contrat de soins et le remet au patient ; l’ESA et le patient le signent. Il stipule les droits et obligations des 2 parties, la nature des soins, le nombre et les jours de séances.

2. Comment trouver une ESA ?

Depuis 2009 plus de 500 ESA ont vu le jour. Néanmoins, des disparités territoriales demeurent, notamment entre les départements. Pour trouver une ESA pouvant intervenir chez votre proche, vous pouvez vous adresser à votre CLIC de rattachement, ou au CCAS de votre commune.

Vous pouvez aussi consulter l’annuaire des SSIAD du site pour-les-personnes-agees.gouv.fr. Dans les filtres vous pouvez sélectionner le critère « équipe spécialisée Alzheimer » afin d’affiner votre recherche.

On récapitule les nouveaux acronymes que vous avez appris aujourd’hui :

ESA : équipe spécialisée Alzheimer 

SSIAD : service de soins infirmiers à domicile

ASG : assistante de soins en gérontologie

AES : accompagnante éducative et sociale (anciennement AMP, Aide médico-psychologique)

On vous laisse digérer toutes ces informations.

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Ne soyez pas étonnés, il n’y aura pas d’article la semaine prochaine : nous aussi nous prenons un peu de repos mérité.

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